2 mai 2012
France : à 7h50, un militant de Greenpeace survole la centrale nucléaire de Bugey (Ain) en paramoteur (parachute équipé d’un moteur). Alors que nous sommes théoriquement en alerte maximum contre le terrorisme, il réussit à se poser sur le toit d’un réacteur, y allume des fumigènes, puis redécolle et se pose à l’intérieur du site où il se laisse interpeller. Une nouvelle fois, Greenpeace démontre l’inefficacité de la sécurité de nos centrales nucléaires vis-à-vis d’une volonté d’intrusion terroriste. Greenpeace rappelle également qu’aucun réacteur ne résisterait à la chute d’un avion comme lors des attentats du 11 septembre 2001.
Suisse : le conseil fédéral estime à 30 milliards de FS (25 milliards d’euros) le prix des investissements nécessaires pour sortir du nucléaire (40 % de l’électricité actuellement)… soit sensiblement le même prix que s’il fallait construire de nouveaux réacteurs pour remplacer les vieux actuels.
Allemagne : publication de statistiques du ministère de l’environnement. Les emplois dans les énergies renouvelables sont en hausse de 4 % en 2011 et atteignent 382 000 emplois dont 111 000 dans le photovoltaïque, 100 000 dans l’éolien, 124 000 dans la biomasse, 14 000 dans le solaire thermique…
France : 14h, un militant écologiste est arrêté alors qu’il a réussi à pénétrer sur le site de la centrale de Civaux. Cette fois, il a réussi à se glisser dans un camion qui pénétrait sur le site. Il a fallu déployer 25 gendarmes et des chiens pour arriver à le repérer après qu’il ait annoncé sa présence sur le site par téléphone. Une nouvelle fois, la sécurité est mise en défaut.
Japon : Paul Jobin est maître de conférences à l’université Paris Diderot et directeur de l’antenne de Taiwan du Centre d’études français sur la Chine contemporaine. Il travaillait depuis dix ans sur les conditions de travail dans la centrale de Fukushima et sur le déni sanitaire quand l’accident a eu lieu. Dans une conférence du 9 mars 2012 et mise sur internet ce jour, il explique sa rencontre au Japon avec Olivier Isnard, représentant de l’IRSN à l’ambassade de France à Tokyo, en poste dès le 12 mars 2011. Il l’interroge sur la dose que peuvent recevoir les travailleurs, dose passée de 20 à 250 millisieverts par an depuis l’accident. N’est-ce pas trop ? Et Olivier Isnard de répondre que c’est la condition pour pouvoir intervenir correctement sur le site et essayer d’éviter l’effondrement de la piscine de stockage des barres de combustible du réacteur n°4. Si ces dernières fondent, les doses pourraient alors être sur le site de 100 à 1000 sieverts/heure, une dose qui empêcherait toute présence humaine. Paul Robin rappelle alors que Nesterenko, le physicien nucléaire qui avait été directement amené à gérer la catastrophe de Tchernobyl avait dit : si il n’y avait pas eu le sacrifice des liquidateurs, c’est toute l’Europe de l’Ouest qui y serait passée, et serait devenue pratiquement inhabitable.
Le Réseau Sortir du nucléaire diffuse à la presse des documents internes d’EDF sur un défaut générique présent dans le circuit primaire de 31 des 58 réacteurs. Ce défaut devrait logiquement nécessiter l’arrêt des réacteurs pour réparation… ce qu’EDF ne respecte pas. Le Réseau Sortir du nucléaire explique que ce genre de défaut peut provoquer un enchaînement conduisant à une fusion du cœur d’un réacteur sans séisme ni tsunami.